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Guide naturaliste · invertebre

Étoile de mer bleue

Linckia laevigata

L’étoile bleue de Mayotte est souvent rose. Et surtout : la sortir de l’eau pour une photo la tue par suffocation.

Liste rouge UICN
Non évaluée (NE) — évaluation mondiale
Fréquence
Vue couramment — plusieurs fois par semaine, voire chaque jour
Taille
20 à 30 cm d’envergure
Profondeur
platiers et herbiers, 0 à −30 m
Où l’observer
Platiers coralliens · Herbiers · Abords des îlots
  1. janvier — observable
  2. fevrier — observable
  3. mars — observable
  4. avril — observable
  5. mai — observable
  6. juin — observable
  7. juillet — observable
  8. aout — observable
  9. septembre — observable
  10. octobre — observable
  11. novembre — observable
  12. decembre — observable

Comment nous l’approchons

La laisser dans l’eau minimum, mise à l’eau encadrée

  • Sortir une étoile de l’eau pour une photo la TUE : elle respire par ses pieds, l’air bloque les échanges.
  • Même remise à l’eau, une étoile sortie a souvent cessé de respirer plusieurs minutes — les dégâts sont faits.
  • La reposer EXACTEMENT où on l’a trouvée si on l’a déplacée, du bon côté.

Règle d’observation du Parc naturel marin de Mayotte

Celle qui est bleue est souvent rose

C’est le détail qui surprend tout le monde : à Mayotte, l’« étoile bleue » se rencontre aussi souvent en rose, parfois dans les deux teintes à quelques centimètres l’une de l’autre. On trouve même des individus bicolores, bleu et rose sur la même étoile.

Ce sont bien les mêmes animaux, de la même espèce. La couleur tient au pigment de la peau, la linckiacyanine, et varie d’un individu à l’autre sans qu’on sache encore bien pourquoi.

Cinq bras longs, cylindriques et ronds au bout, sans pointes ni tubercules : c’est ce qui la sépare de l’étoile à cornes, hérissée de tubercules rouges.

Sortir une étoile de l’eau la tue

Il faut le dire simplement, parce que c’est le geste que tout le monde fait pour la photo : une étoile de mer respire par ses pieds, des milliers de petits tubes gorgés d’eau sur sa face inférieure. À l’air libre, ces tubes se vident, les échanges s’arrêtent, et l’animal suffoque.

Quelques dizaines de secondes suffisent à causer des dégâts irréversibles. L’étoile remise à l’eau paraît intacte — elle met simplement plusieurs jours à mourir, plus loin, sans témoin. C’est pour cela que la règle paraît disproportionnée et qu’elle ne l’est pas.

Si vous voulez la photographier : elle est très bien là où elle est, et l’eau claire du lagon suffit. Si vous l’avez déplacée, reposez-la du bon côté, bras en bas — une étoile retournée met longtemps à se remettre à l’endroit et devient entre-temps une proie facile.

Son petit passager

Regardez entre les bras, côté ventre : une crevette blanche translucide vit souvent sur elle, Zenopontonia soror. Elle prend la couleur de son hôte et ne lui fait aucun mal.

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN, et elle n’est pas protégée à Mayotte. Elle n’en a pas moins besoin qu’on la laisse tranquille.

Mis à jour le 15 octobre 2026