Guide naturaliste · tortue
Tortue verte
Chelonia mydas
Elle broute les herbiers toute l’année et pond sur une vingtaine de plages de l’île. On l’observe partout autour de Mayotte.
- Liste rouge UICN
- Préoccupation mineure (LC) — évaluation mondiale
- Fréquence
- Vue couramment — plusieurs fois par semaine, voire chaque jour
- Effectif observé
- des milliers de pontes chaque année, sur une vingtaine de plages
- Taille
- jusqu’à 1,2 m de carapace
- Profondeur
- herbiers, 0 à −20 m
- Où l’observer
- Partout autour de l’île · N’Gouja · Saziley
- Statut
- Espèce protégée
- janvier — observable
- fevrier — observable
- mars — observable
- avril — observable
- mai — observable
- juin — observable
- juillet — observable
- aout — observable
- septembre — observable
- octobre — observable
- novembre — observable
- decembre — observable
Comment nous l’approchons
3 m à la nage minimum, mise à l’eau encadrée
- Approche lente et silencieuse, sans jamais toucher l’animal.
- 50 m minimum si un accouplement est observé.
- Ne pas piétiner les herbiers : c’est son garde-manger.
- Débrayer si une tortue est vue sous le bateau.
Guide du lagon — Parc naturel marin de Mayotte
C’est la rencontre la plus probable d’une sortie. Les tortues vertes broutent les herbiers en petits fonds et remontent respirer toutes les quelques minutes, ce qui les rend faciles à observer en palmes-masque-tuba sans jamais les poursuivre. On en croise partout autour de l’île, et elles pondent sur une vingtaine de plages.
Les femelles reviennent pondre sur la plage où elles sont nées, parfois vingt ans plus tard.
Il ne passe pas un jour sans en voir
Toute l’année les tortues vertes viennent pondre sur certaines plages de prédilection. Les accouplements sont fréquents. Des milliers de pontes ont lieu chaque année, nous avons parfois la chance de voir des émergences.
En pleine eau, sur le récif, en accouplement, en alimentation sur les herbiers : c’est l’espèce que l’on croise le plus sûrement. Les sorties nocturnes permettent parfois d’assister à une ponte, ou à l’émergence des nouveau-nés — les « tortillons » — qui traversent le sable vers la mer.
Un carrefour, et une responsabilité
Mayotte n’est pas un site de ponte parmi d’autres. L’île est l’un des carrefours de biodiversité majeurs de la tortue verte dans l’océan Indien occidental : les femelles qui pondent ici viennent de toute la région, et les juvéniles qui grandissent dans nos herbiers repartiront vers les côtes d’Afrique de l’Est, de Madagascar ou des Comores. Ce qui se perd à Mayotte se perd donc bien au-delà de Mayotte.
C’est ce qui rend le braconnage si grave ici. Malgré une protection légale totale, des femelles sont encore tuées sur les plages de ponte, au moment précis où elles sont le plus vulnérables — immobiles, hors de l’eau, incapables de fuir. Une femelle tuée, ce ne sont pas seulement des œufs perdus cette nuit-là : c’est une lignée de vingt ou trente ans de pontes à venir qui s’arrête. Les patrouilles du Parc naturel marin, des associations locales et de la gendarmerie ont fait reculer le phénomène, mais il n’a pas disparu.
Observer une tortue sans la toucher, ne pas piétiner les herbiers, signaler une carapace échouée ou une trace suspecte sur une plage : ce sont les gestes qui comptent. À bord, nos pilotes sont formés et autorisés par le réseau REMMAT à intervenir sur une tortue blessée.
Mis à jour le 15 septembre 2026
