Guide du lagon
Les baleines de Mayotte
Chaque hiver austral, les baleines à bosse quittent l’Antarctique et remontent jusqu’à Mayotte pour mettre bas. Voici ce qu’on sait après vingt ans à les suivre — et ce que la loi nous interdit de faire.
Mis à jour le 9 septembre 2026
La saison : de juillet à octobre
- janvier — hors saison
- fevrier — hors saison
- mars — hors saison
- avril — hors saison
- mai — hors saison
- juin — hors saison
- juillet — observable
- aout — pic de saison
- septembre — pic de saison
- octobre — observable
- novembre — hors saison
- decembre — hors saison
Les baleines à bosse se nourrissent dans les eaux froides de l’Antarctique pendant l’été austral, puis remontent vers les eaux tropicales pour se reproduire. À Mayotte, elles arrivent en juillet, le pic se situe en août et septembre, et les dernières repartent courant octobre.
Elles ne mangent pratiquement pas pendant leur séjour : elles vivent sur les réserves de graisse accumulées près des pôles. Une femelle qui allaite perd jusqu’à un tiers de sa masse.
De juillet à octobre, des baleines à bosse migrent depuis l’Antarctique et viennent à Mayotte pour la saison des amours : combats de mâles, chants, mises bas de baleineaux, frappes de caudales, de pectorales, souffles puissants.
Variabilité assumée : certaines années sont très fournies, d’autres n’ont vu que quelques individus. Nous ne promettons jamais une rencontre.
Les règles d’approche, et pourquoi elles nous arrangent
À Mayotte, l’approche des mammifères marins est encadrée par un arrêté préfectoral et par la réglementation nationale applicable aux aires marines protégées. Ce ne sont pas des recommandations : ce sont des interdictions, et elles sont contrôlées en mer.
- Distance minimale
- 100 mètres — y compris pour les personnes en action de nage
- Mise à l’eau
- Proscrite dans la zone d’interdiction
- Vitesse
- 5 nœuds maximum dans la zone des 300 mètres
- Nombre de navires
- Deux au maximum sur un même groupe
- Sens d’approche
- Jamais par l’avant, jamais par l’arrière
- Moteur
- Maintenu en marche pendant l’observation
- Sanctions
- Jusqu’à 750 € pour une personne physique, 3 500 € pour une personne morale
On ne nage donc pas avec les baleines à Mayotte, contrairement à ce qui se pratique ailleurs dans l’océan Indien. C’est une contrainte réelle, et c’est aussi la meilleure nouvelle du dossier : un groupe qu’on ne poursuit pas ne fuit pas. Il reste en surface, souffle, se repose — et il arrive qu’il s’approche de lui-même d’un bateau resté sage, moteur au ralenti.
Nous respectons la règlementation concernant l’approche des mammifères marins, ce qui implique une formation annuelle obligatoire de l’équipage.
Ce que l’on observe réellement
Une baleine à bosse mesure de 12 à 16 mètres pour une trentaine de tonnes. Depuis le pont, à cent mètres, voici ce qui se voit à l’œil nu :
- Le souffle — une colonne de vapeur de deux à trois mètres, visible de loin. C’est presque toujours la première chose qu’on repère.
- Le saut — l’animal sort entièrement de l’eau et retombe sur le flanc. Personne ne sait exactement pourquoi : communication, parasites, jeu.
- La frappe de caudale — la queue s’abat sur la surface, parfois des dizaines de fois de suite.
- La frappe de pectorale — la nageoire, longue d’un tiers du corps, claque sur l’eau. C’est le geste qui a donné son nom au genre Megaptera, « grande aile ».
- Le couple mère-baleineau — le plus fréquent dans le lagon, et le plus fragile. C’est celui pour lequel la distance compte le plus.
Le chant, et pourquoi nous embarquons des hydrophones
Les mâles chantent. Une séquence de motifs répétés qui peut durer vingt minutes, se transmet d’un individu à l’autre et se modifie d’une saison à la suivante — une des rares traditions culturelles documentées chez un animal.
Les mâles chantent leurs amours… Avec nos hydrophones à bord, c’est un plaisir de les écouter.
Puisque la loi nous interdit de nous approcher, nous avons choisi d’écouter. Le micro sous-marin descend le long de la coque et le chant passe dans le haut-parleur du bord. Les sifflements et les clics des dauphins passent par le même chemin, toute l’année.
Les autres cétacés du lagon
Le Parc naturel marin de Mayotte retient 25 espèces de mammifères marins dans ses eaux — un quart de ce que compte la planète, dans un lagon de 1 100 km². La liste continue de s’allonger.
Questions fréquentes
- Quelle est la meilleure période pour voir les baleines à Mayotte ?
- De juillet à octobre, avec un pic en août et septembre. Les baleines à bosse remontent de l’Antarctique pour mettre bas et s’accoupler dans les eaux chaudes du lagon. Certaines années, des couples mère-baleineau restent jusqu’en novembre.
- Peut-on nager avec les baleines à Mayotte ?
- Non. La réglementation interdit d’approcher un mammifère marin à moins de 100 mètres dans les eaux mahoraises, et cette distance s’applique explicitement aux personnes en action de nage. Toute mise à l’eau à proximité est proscrite. Les infractions sont passibles de 750 € d’amende pour un particulier et 3 500 € pour une personne morale.
- Est-on sûr de voir des baleines ?
- Non, et personne ne peut le garantir. Ce sont des animaux sauvages et libres. En pleine saison les observations sont fréquentes, mais une journée sans rencontre reste possible — c’est le prix de l’authenticité.
- Combien d’espèces de mammifères marins vit à Mayotte ?
- Le Parc naturel marin de Mayotte en retient vingt-cinq, soit un quart des mammifères marins connus sur la planète, et la liste continue de s’allonger. La baleine à bosse est la plus spectaculaire, mais les dauphins sont visibles toute l’année.
- Entend-on les baleines chanter ?
- Oui. Les mâles chantent pendant la saison de reproduction, et nous embarquons des hydrophones : le chant passe dans le haut-parleur du bord. C’est souvent le moment le plus marquant de la journée.






