Guide naturaliste · tortue
Tortue imbriquée
Eretmochelys imbricata
La seconde tortue du lagon. Plus petite que la verte, au bec crochu, elle vit sur le récif et non sur les herbiers.
- Liste rouge UICN
- En danger critique (CR) — évaluation mondiale
- Fréquence
- Vue de temps en temps — quelques fois par trimestre
- Taille
- jusqu’à 90 cm de carapace
- Profondeur
- récif corallien, 0 à −20 m
- Où l’observer
- Récifs coralliens · Passe en S
- Statut
- Espèce protégée
- janvier — observable
- fevrier — observable
- mars — observable
- avril — observable
- mai — observable
- juin — observable
- juillet — observable
- aout — observable
- septembre — observable
- octobre — observable
- novembre — observable
- decembre — observable
Comment nous l’approchons
3 m à la nage minimum, mise à l’eau encadrée
- Approche lente et silencieuse, sans jamais toucher l’animal.
- 50 m minimum si un accouplement est observé.
- Ne pas la coincer contre le récif : elle doit pouvoir partir.
- Débrayer si une tortue est vue sous le bateau.
Guide du lagon — Parc naturel marin de Mayotte
On confond volontiers les deux tortues du lagon. Elles ne vivent pourtant pas au même endroit et ne mangent pas la même chose : la verte broute les herbiers en petits fonds, l’imbriquée vit sur le récif, où elle découpe les éponges. Sur une même sortie, ce n’est pas au même moment qu’on les croise.
La reconnaître en trois secondes
Trois critères suffisent, et ils se voient depuis la surface :
- La tête. Étroite, terminée par un bec crochu en pointe, comme celui d’un rapace. Celle de la tortue verte est ronde, avec un bec court et droit.
- La carapace. Ses écailles se chevauchent comme des tuiles — c’est ce qui lui vaut son nom. Chez la verte, elles sont jointives, bord à bord.
- La taille. Nettement plus petite : environ 90 cm de carapace contre 1,20 m.
L’espèce la plus menacée des deux
La tortue verte est classée En danger au niveau mondial. L’imbriquée est un cran au-dessus : En danger critique d’extinction, le dernier échelon avant la disparition.
La raison tient à sa carapace. C’est elle, et elle seule, qui fournit l’« écaille de tortue » travaillée en bijouterie pendant des siècles. L’espèce a été chassée pour cette matière jusqu’à l’effondrement de ses populations, et le commerce international en est interdit depuis. À Mayotte, comme la verte, elle reste exposée au braconnage sur les plages de ponte.
Ce qu’elle fait ici
Mayotte fait partie des rares territoires français où l’espèce est signalée régulièrement, et des sites de ponte y ont été inventoriés. Elle pond de nuit, sur des plages plus isolées et plus végétalisées que celles de la tortue verte, par séries de deux à cinq pontes espacées d’une quinzaine de jours, tous les deux à trois ans.
À compléter avec le Parc naturel marin : les plages de ponte mahoraises précises, la saison de ponte locale et le nombre de pontes annuelles. Ces chiffres existent dans les inventaires de l’Office français de la biodiversité ; ils ne sont pas repris ici tant qu’ils n’ont pas été confirmés, parce qu’un guide naturaliste ne publie pas un chiffre qu’il n’a pas vérifié.
Mis à jour le 28 septembre 2026
