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Guide naturaliste · invertebre

Triton conque

Charonia tritonis

Le plus grand coquillage du lagon, et le principal prédateur de l’étoile dévoreuse de corail. C’est pour ça qu’il est protégé — pas parce qu’il est beau.

Liste rouge UICN
Non évaluée (NE) — évaluation mondiale
Fréquence
Rare — quelques fois par an
Taille
30 à 50 cm de coquille
Profondeur
récif et platier, 0 à −30 m
Où l’observer
Récif barrière · Platiers · Pentes externes
Statut
Espèce protégée
  1. janvier — observable
  2. fevrier — observable
  3. mars — observable
  4. avril — observable
  5. mai — observable
  6. juin — observable
  7. juillet — observable
  8. aout — observable
  9. septembre — observable
  10. octobre — observable
  11. novembre — observable
  12. decembre — observable

Comment nous l’approchons

RAMASSAGE INTERDIT minimum, mise à l’eau encadrée

  • Pêche, transport, détention, vente et achat INTERDITS à Mayotte.
  • C’est le principal prédateur de l’acanthaster : le ramasser, c’est lâcher les dévoreuses de corail.
  • Sa coquille sert d’abri à d’autres animaux une fois l’animal mort — elle n’est jamais « vide ».

Arrêté pêche n° 2018/DMSOI/601 du 28 juin 2018

Jusqu’à cinquante centimètres : c’est le plus grand coquillage du lagon. Une coquille fuselée, à spire haute, crème marquée de croissants bruns disposés en rangées. On la reconnaît de loin, et c’est tout son problème.

Le gardien du récif

Le triton est l’un des rares animaux à manger l’acanthaster, l’étoile de mer qui dévore le corail vivant. Il la détecte à l’odeur, la poursuit — elle tente de fuir, ce qui est un spectacle en soi quand on y assiste — et la consomme malgré ses épines venimeuses.

Un seul triton ne règle pas une prolifération. Mais sur un récif où les tritons ont été ramassés pendant des décennies, les acanthasters n’ont plus grand-chose en face d’elles.

C’est la raison de sa protection. L’arrêté pêche n° 2018/DMSOI/601 du 28 juin 2018 interdit à Mayotte « la pêche, le transport, la transformation, la destruction, le conditionnement, la mise en vente ou l’achat » du triton conque — au même titre que les bénitiers, les porcelaines et les lambis. Ce n’est pas un objet rare qu’on protège, c’est une fonction écologique.

Pourquoi on en voit si peu

Parce qu’il a été ramassé. Partout dans l’Indo-Pacifique, sa coquille a été vendue comme souvenir et utilisée comme instrument — on en souffle encore dans plusieurs cultures de la région. Les populations ne s’en sont nulle part complètement remises.

En croiser un vivant à Mayotte est rare, et mérite d’être signalé au Parc naturel marin.

L’espèce n’est pas évaluée sur la liste rouge mondiale de l’UICN — un angle mort fréquent pour les mollusques, qui ne dit rien de son état réel et ne change rien à l’interdiction locale.

Mis à jour le 15 octobre 2026